Hasta la Vista : le débat

Compte rendu de débat après projection de Hasta la vista

Etaient présents des représentants et des membres de Collectif Handicap , Association Calédonienne des Handicapés (ACH), Associations HALTE et APEH, Foyer Paul REZNIK

et une sexologue Charlotte de Buzan

Christian rappelle les règles de prise de parole puis lance le débat

  • Virginie de l’ACH : J’ai beaucoup aimé le film Je suis trop émue.

  • Brigitte : je crois que je suis comme vous tous ce soir, sans voix ! parce que c’est un très beau film, qui traite de TOUTES les émotions humaines : pas seulement le handicap et l’amitié … c’est vraiment un film extraordinaire ; et ce que je ressens est trop fort par rapport aux mots

  • X : le film était fantastique, les handicapés sont partis en aventure. ils ont une forte mentalité :chapeau bas !

  • Y : Quelle surprise de ressentir autant d’émotions ! « hasta la vista » c’est plus que du cinéma ; Il montre la volonté de toutes les personnes handicapées et quand on sait qu’on va mourir, il faut réaliser ses rêves.

  • X : encore moi, je tiens à dire que ce sont des handi-capables, pas des handicapés !

  • Y : C’est la 1ère fois que je viens à un forum. Les gens en situation ont une vie sexuelle. Quand on a parlé de ce film, ça m’a fait quelque chose. Les gens n’y pensent pas assez. Dans ce film, il y a tout : l’amitié, le sexe, les réactions des parents. Merci

  • Charlotte (sexologue) : je rebondis sur votre propos : les personnes qui ont un handicap ont une sexualité – sujet tabou en général mais encore plus chez les personnes handicapées. C’est compliqué d’en parler, pour les parents , les accompagnants, ça peut devenir pesant : tout le monde est bienveillant mais ne pense pas à la sexualité. Difficile de dire qu’on a besoin de calins, d’amour

  • Catherine: C’est une thématique que le Collectif Handicap a déjà portée, en faisant venir une sexothérapeute pour en parler.
    Le problème de la sexualité renvoie à sa propre sexualité. Les parents sont souvent désarmés. On s’occupe des besoins de base (manger..) et on néglige ce coté affectif car sans amour on ne peut pas bien vivre .

  • Elsie (Halte) : Ce qui m’a touché c’est le chemin qu’ils ont mis en place pour y arriver. Le jeune a utilisé sa petite sœur. L’aventure est magnifique, c’était beau de réaliser ses rêves : ne pas mourir puceau et voir des dauphins. Merci d’avoir projeté le film.

  • Ch : j’ai été époustouflé par la qualité de ce film à la fois grave et léger.
    Il pose avec finesse plusieurs problèmes : la sexualité, le projet du handicapé, le handicap dans la société. Il pose aussi la question des relations inter individuelles.

  • Emmanuel : VPdt de l’ACH Leur expérience est différente de la mienne : moi j’ai été handicapé par accident à 29 ans. Là ce sont des personnes qui vivent chez elles.
    A l’association nous essayons de faire se réunir les personnes pour qu’elles ne soient pas isolées, de faire des voyages très encadrés. Je donne des conseils très pratiques à ceuxqui vont en boite de nuit ; les valides ont du mal à comprendre notre démarche et pourtant, au fond, c’est pareil pour tout le monde. Dans les boites, les filles sont plus sexy c’est mieux que les films porno.

  • X : Moi je suis handicapé depuis l’âge de 5 ans, j’ai vécu la honte de son corps, la difficulté à aborder une fille. Ce n’est pas facile.
    Il faut faire un travail sur soi même. Il y aun cap à passer.
    Il y a quand même une vie après le handicap : j’ai eu la chance d’avoir 4 enfants .
    Je sais que ce n’est pas facile, il n’y a pas de bordel ici

  • X : Je voudrais remercier la province. Le handicap se vit au quotidien. Moi ça ne me faisait pas rire : je pensais à la souffrance des gens qui vivent le handicap

  • Sandrine (ACH) : J’ai repéré plusieurs thèmes : la colère de Philippe, la compréhension des professionnels. il y a ce coté à désacraliser des professionnels, eux aussi avec leur pudeur personnelle. Il faut qu’ils puissent bénéficier d’une aide.
    Ce qui m’a parlé c’est le respect des projets et des décisions d’adultes handicapés capables de prendre des décisions.

  • Elizabeth : j’ai été touchée à plus d’un titre ; j’ai un fils en situation de handicap psychiatrique, un jeune homme qui aimerait avoir une vie organisée. Il a beaucoup de difficultés à aller vers les autres.
    Je préside l’association Hippocampe sur la schizophrénie.
    A titre professionnel, je m’occupe de personnes en situation de handicap et de dépendance. Il est vrai que le personnel a besoin de formation pour accompagner ces personnes là. On a donc besoin d’une sensibilisation et d’outils pour les accompagnants

  • Badia : J’ai adoré le film. Ce qui m’a surpris tant dans le film qu’au niveau des témoignages : Ce sont des points de vue masculins.
    Que peut faire une femme ? les difficultés sont elles les mêmes ? Quelles propositions de solutions pour les femmes ?

  • Charlotte :il n’y a pas de solution ici comme la prostitution qui est interdite. L’important, c’est de pouvoir parler de sexualité. Pour chaque personne ce sera différent, chacun le vit à sa façon
    Il faut donc compredre ce que chacun ressent et former des gens, pour pouvoir en parler avec les accompagnants, les parents, sur chaque situation.
    Pour les filles comme pour les garçons, c’est difficile de libérer la parole.

  • Natalia : je ne connais pas le handicap mais j’ai pu me transposer dans ce film.
    Projets : il y en a beaucoup qu’on ne fait pas, même sans handicap !
    Les hommes ? Ils se prennent en main d’une façon très masculine, ils vont de l’avant. Beaucoup de femmes sont passives : il y a une propension à être résignée.

  • Brigitte je crois qu’on est tous des handicapés par rapport à la sexualité : qui parle de la masturbation chez les ados ? de la sexualité chez les personnes âgées ? de sa propre sexualité avec son conjoint. Pour ma part on est tous des handicapés de la sexualité .

  • Apitunio : Les gens doivent changer la façon dont ils voient le handicap. Ils jugent hativement les handicapés sur leur apparence et sur ce qu’on peut penser et ressentir au fond de nous.
    C’est difficile de communiquer en famille ou avec des pro ou entre cousins cousines.

  • Didier : En voyant ce film, j’étais avec eux, pas supérieur, comme on peut le croire trop facilement. Très important cette question du regard des autres, des bien portants… On la retrouve dans le film Yo tambien que je vous recommande

  • Mireille : la Mairie a une initiative heureuse, des activités aquatiques avec les seniors à Château Royal une fois par semaine et les handicapés viennent se joindre aux seniors : c’est précieux, ça permet de mieux les connaître.

  • Une accompagnante : Ça fait deux ans que je garde des handicapés, que je leur donne à manger. Je suis fière de pouvoir le faire.

  • Colette : la façon dont on regarde la handicap dépend de chaque culture ; je vous signale un livre «  Le handicap au risque des cultures »

  • Juliette : mes parents sont sourds. Je vous remercie pour cette projection, cette piqure de rappel sur l’humain complexe etmultidimensionnel. Les acteurs passent d’une langue à l’autre facilement. Avec un handicap on peut faire beaucoup de choses. J’ai toujours été entourée de personnes aveugles et sourdes

  • Zena (asso de parents d’enfants en situation de handicap) Merci pour ce film très riche je vous invite à venir dans les établissements avec des handicapés : c’est mon travail, ils m’ont apporté beaucoup de choses .

  • Alain : J’ai noté cette solidarité entre jeunes pour les aider à exprimer cette pulsion de vie età trouver une ou des solutions. Ils sont beaucoup moins inhibés.
    La société nous sépare, nous divise.
    Ce que suggère Colette est vrai : maladie ou handicap ne sont pas vus de la même façon en milieu kanak l’handicapé était mieux entouré. On peut regarder la richesse des enseignements qui viennent d’autres sociétés

  • X (foyer Reznik ) Je me suis senti à l’aise avec ce film, cette histoire.
    Avant le handicap il y a d’abord une personne.
    L’infirmière a su mettre à l’aise les jeunes juste avant d’aller au bordel.
    Il faut être plus informé pour mieux accompagner les personnes.
    Même dans un couple dont l’un devient handicapé, il n’y a pas d’accompagnement par rapport à la suite : c’est parfois chacun pour soi et après il y a séparation

  • Christian remercie et rebondit sur le mot solidarité : il ne faut pas oublier que beaucoup de missions de service public sont prises en charge par des associations

Compte rendu de Colette et Didier ; si erreurs ou oublis, signalez !