Hold-up sur Fruits et Légumes
Compte rendu du Débat

Les Intervenants :
LA COOP A NOUS Pierre Olivier Bertheau ;
Amap VERT PANIER Anne Julie Lescot ;
MALEVA Alexandre Martinez, Anna Vincent ;
AGROFORESTERIE Mickael Sansoni ;
UFC Que Choisir Françoise Kerjouan ;

Absents excusés : GAB, IAC, Interpro F & L

FrK : Pourquoi ne pouvons nous être autonome en semence ?

Mick : c’est compliqué ; Ici a contrario de la Métropole le problème du Catalogue officiel ne se pose pas
Mais on
invoque l’argument sanitaire : les graines paysannes peuvent contenir des bactéries..
Pourtant les champs sans maladie sont abondamment traités aux pesticides…
Les maladies, c’est le propre du vivant !
P
our se procurer des graines, Il faut se débrouiller auprès des paysans (Canala…)

Col : Des sachets de graines circulent, le gouvernement veut qu’on les lui rapporte.

Alex: en effet, une société en fait de la publicité . Ce sont des graines chinoises.

Fab : quelle part entre semences paysannes et les autres ?

Alex : Tout le monde adhère à l’objectif d’autosuffisance alimentaire.
Pourtant en NC, pas d’études ni de formation en semencier.
Et il existe un réseau qui se développe.
https://www.semencespaysannes.org
Il y a
aussi une association familiale qui se procure des semences auprès d’un réseau d’agriculteurs.
Eric Meunier, de cette asso, est venu en NC
animer un stage de 3 jours sur les semences : c’était bien trop court, il faudrait des cursus de plusieurs semaines
Car être semencier, c’est un métier.

Attention aux traitements systémiques sur certaines semences importées.
Savoir que les graines achetées au magasin sont des graines Tropica traitées soit en chimique soit en irradiation. Et ce sont les moins chères donc les plus accessibles.

Mick : ma réponse : moins de 2% en bio en NC.
Pour les hybrides résistant aux maladies on est 0,1% à utiliser des graines bio.

50% de l’agriculture calédonienne se fait en tribu ainsi on arrive à 30 % de semences paysannes chiffre surtout atteint grâce aux Mélanésiens.

X En France quelle proportion des semences paysannes ? Les grands producteurs se veulent bio mais c’est parfois faux

Mick : En NC, je suis administrateur du label BioCalédonia. Les semences hybrides sont autorisées et même les demandes des agriculteurs –comme par exemple si on a une interdiction de traiter quand on est bio avec des produits
En France on est à 15 à 20 % de bio avec moins de 10% de graines paysannes

Alex : il y a une grainothèque où on peut faire des échanges avec le GAB sur Koné : on récupère les graines avec la date, le lieu, l’espèce (GAB : Groupement des Agriculteurs Bio )
et il y a le projet PERMATOUR
qui parcourt la NC ; MALEVA fait tourner une granothèque mobile
Ainsi on a trouvé de nouvelles graines comme le haricot St
Esprit de Canala.
La graine est ancrée dans le cœur des gens :il y a un échange de graines quand il y a rencontre, avec un lien qui se crée et qu’on essaie de développer
Vous avez aussi le marché de Lucien à Bernheim une fois par mois.

Bri : vous avez parlé des semences hybrides , elles ne sont pas bio ?

Alex : non et c’est particulièrement le cas du traitement systémique de la semence qui laisse en terre des résidus, parfois pendant 300 ans !

Bri : Comment savoir si les graines paysannes sont naturelles ; même en tribus elles peuvent avoir été mélangées, ou souillées

Mick : Tu le sauras vite à la replante : il y a une dégénérescence à la 1ère ou 2ème génération. il faut faire confiance, traiter de la main à la main,
De vieux paysans de la Drome m’ont donné des graines paysannes mais il n’y a pas de garantie, c’est pas écrit sur le paquet 

Alex : le TEMPS est très important : à force de se reproduire la semence prend de la force
Ne pas chercher à faire plus de fruits dans moins de surface ; ni mettre trop d’eau.
Bien sur ça compte, la VARIETE de semences;
mais aussi la qualité du SOL cultivé, qui apporte le plus gros des éléments nutritifs.
Plus on plante avec de la DIVERSITE, plus le sol sera riche.
Aujourdhui les tomates n’ont pas besoin d’avoir du goût car tout le monde leur met de l’huile et du sel ! Rien à rajouter sur les produits de qualité,

JP : Moi j’aimerai un produit avec du gout : y a t il des adresses ?

POB : l’épicerie «LA COOP A NOUS  » à la Vallée des Colons
on en avait marre de manger de la m… et on a eu envie de créer un lieu. Est née cette épicerie collective Consom-Acteurs.
Pour sélectionner un producteur on fait une visite on ne privilégie pas le label ; et on change si notre sélection n’a pas été bonne. On est 130 adhérents et on met une relation en place avec les agriculteurs, les Amap font le même boulot .
Environ 120 adhérents, il faudrait pouvoir essaimer ; appel aux bonnes volontés.

Julie : il y a l’AMAP «  VERT PANIER » on choisit un producteur qui s’engage à nous livrer chaque semaine un panier de fruits et légumes bio. On prépaie nos paniers

Bri : la mairie de Nouméa va louer des lots de terrain pour faire des jardins. Y a t il des formations de permaculture ? pour permettre aux plantes de s’équilibrer entre elles,

Alex : la mairie de Nouméa fait des formations
– à la maison de la biodiversité, le 2ème dimanche du mois
– et a la pépinière du km 7 le 4ème dimanche
Et nos fermes sont ouvertes

Hel : comment utiliser la terre dont on dispose ?

Alex : la terre ici est hyper magnésienne aucune chance de fixer du magnésium potassium. On peut utiliser de la pierre bleue c’est la roche volcanique le balsalte riche en minéraux on peut en trouver à la carrière de Katiramono A Ducos il y a le poussier.
Si vous achetez le terreau et le compost vous mettez la plante dans un hôtel 5 étoiles Or les graines paysannes ont la génétique pour s’adapter aux terres ; alors pour ses futures générations, la graine sera adaptée au top du top:problème !

Mike  : comment connaitre le taux d’humidité utile aux tomates ? je mets des coquilles d’œuf, du fumier de cochon Le substrat c’est du béton

Mick : pour arroser on peut mettre un appareil AQUALONE ;Sinon on peut aussi réguler l’arrosage en prenant une plante indicatrice – courge ou salade. C’est plutôt la plante qui t’indique ses besoins.

Il faut s’adapter au climat : Tout au long de la saison , je ne vais pas cultiver la même variété de tomates,

Rosa : quelle différence entre Permaculture et Agroforesterie ?

Ana : Je pratique les deux, qui se ressemblent : en agroforesterie on crée plusieurs strates comme dans une forêt. On va y mettre la plante qui apporte l’eau , celles avec d’autres qualités, tout est bien agencé pour que chaque plante bénéficie de son environnement, les arbres apportent l’ombre, coupent le vent.
En permaculture on travaille le terrain mais sans endommager notre environnement.

Mick : le BIO Caledonia est une norme NOAB (?) qui s’impose aux membres de l’asso On répond à une cahier des charges, on a droit à un millier de produits de poisons bio ou agriculture raisonnée…
Si tu achètes bio tu achètes à des gens qui ont bio ou pas : il faut faire la démarche de visiter les producteurs pour savoir comment ils font.

Dans l’asso La Coop à Nous les consommateurs viennent 1/2 journée par trimestre pour connaître le producteur
J’ai pu placer des tomates dans un supermarché ; mais quand elles ne sont pas calibrées, méfiance chez consommateurs ou vendeurs. Pourtant dans la vraie vie, nous sommes tous différents.

Anne Il faut souligner le rôle important du consommateur et des calibres de fruits et de légumes. Toutes nos habitudes sont à changer : je n’aime pas les produits calibrés du super marché ; si les insectes en ont mangé, c’est que c’est bon

Chri: quel contrôle des institutions sur l’agriculture bio et les produits vendus ?
Mick
: Il y a le contrôle des hauts fonctionnaires, celui des douanes et sanitaires. Pour eux on ne répond pas à leur réglementation, on est à la limite de la légalité. Aucun haut fonctionnaire ne voudra signer pour importer des graines paysannes ; Ensuite il y a les interprofessionnels ou centrales d’achat .
Pourtant, que peut il arriver aux consommateurs avec les semences bio ? Malgré tout les agriculteurs bio n’arrivent pas à rentrer sur les étals

Alex : Nous faisons aussi le PERMATOUR
Et il faut que le consommateur réalise la nature du travail pour produire. Les gens sont déconnectés de la nourriture.

 Nous intervenons dans les écoles pour faire découvrir aux jeunes  : les gamins pensent qu’un poisson c’est … un bâton frit

Hel : Outre la formation des producteurs, c’est aux consommateurs d’agir et de montrer son mécontentement.
« La coop à nous » me permet de réduire mon empreinte carbone ; on rentre dans une association ou un réseau pour consommer de bons produits.

Di : j’ai participé à définir et suivre l’application des réglementations sur pesticides. Il ne faut pas sous estimer le rôle du lobby agricole. En fait les hauts fonctionnaires sont sous la volonté des politiques locaux, eux mêmes soumis aux pressions des gros professionnels et de la Chambre d’agriculture
La réglementation peut être bonne dans son principe ; mais si des gros bonnets interviennent, la dérogation n’est pas loin; ou alors on refait une délibération + laxiste

Mick : j’ai eu des stagiaires du lycée agricole de Pouembout. On y applique les programmes métro ; la façon dont on définit les plantes, dont on meur apporte des nutriments dans leur laine de roche … très peu pour moi.
Il ne faut jamais oublier que les plantes font de la photosynthèse et pour la tomate je lui laisse les feuilles contrairement aux plantations hydroponiques

Je ne m’appuierai ni sur le gouvernement français ni sur les programmes actuels.

Fr : il n’y a pas de politique de développement publique agricole ?

Mick: Mais si : un agriculteur bio ne peut bénéficier de subvention ; mais si on a a un tracteur et utilise des produits chimiques on recevra des aides !!

Fr : alors, pour conclure, il n’y a pas de politique publique ambitieuse !

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